LE RÉSEAU BERGÉ-SAINT LAURENT, PÉDOPHILIE, VILLA DE MARRAKECH ET COMPLICITÉS MÉDIATIQUES

Ce qui suit est difficile à écrire. Difficile à lire. Mais indispensable pour compléter les deux articles précédents et comprendre l’ampleur du système de protection dont ont bénéficié ces milieux, et le rôle des médias en particulier ceux contrôlés par Xavier Niel et son associé Pierre Bergé dans l’omerta la plus absolue.

Car il ne s’agit plus ici de « simple » concentration des médias ou de désinformation politique. Il s’agit de pédocriminalité organisée, protégée par l’argent, la culture et la presse.

La Villa Majorelle à Marrakech : le jardin des supplices

Un lieu de villégiature des puissants

En 1985, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent achètent le Jardin Majorelle à Marrakech, l’une des propriétés les plus emblématiques du Maroc. Derrière la carte postale, les bougainvilliers, le bleu majorelle, les artistes du monde entier, se cache une réalité autrement plus sombre.

La « villa Oasis », comme on l’appelle, n’est pas seulement une résidence d’artistes. Selon Fabrice Thomas, l’ancien amant du couple (chauffeur d’Yves Saint Laurent puis amant des deux hommes entre 1984 et 1992), c’est une « villégiature sexuelle », un lieu où les pratiques les plus extrêmes sont monnaie courante.

Mais il y a pire. Bien pire.

Le témoignage accablant de Fabrice Thomas

Dans son livre Saint Laurent et moi : une histoire intime (Hugo Document, 2017), Fabrice Thomas raconte une scène dont il a été témoin, et qui dépasse l’entendement.

« J’y vis passer des hommes, des étrangers et des locaux, de tous âges. Jusqu’au jour où je vis l’impensable. L’intendant agenouillé devant un adolescent prépubère debout devant lui, nu comme un ver. Tenant ses fesses à pleines paumes, il suçait avidement l’enfant qui se laissait faire en regardant en l’air, tenant à la main un billet. »

Un enfant prépubère. Violé. Devant la maison de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent. Moyennant un billet.

Thomas, effaré, interroge le soir même le couturier :

« C’est toléré, ce genre de choses ? »

Réponse d’Yves Saint Laurent, avec un mépris de caste inouï :

« Oh… Dans la palmeraie, il se passe bien plus de choses encore. Les autorités préfèrent faire comme si elles ne savaient pas. Et pourtant, tout le monde sait, évidemment. »

Thomas insiste :

« Mais là, ça se passe chez toi ! C’est un de tes employés qui fait ça avec un gamin… »

Nouvelle réponse de Saint Laurent, pour se dédouaner :

« Pas chez moi, non. Le Jardin Majorelle est public. »

Les propres mots de Pierre Bergé

Dans son livre Lettres à Yves (Gallimard), Pierre Bergé lui-même écrit, sans aucun recul critique :

« Comme ils étaient gentils et beaux, ces garçons marocains ! Ils jouaient tous au football, avaient le corps musclé. On avait avec eux des rapports qui ne sentaient ni l’argent ni la vulgarité. »

« Des rapports ». Avec des enfants. L’euphémisme le plus obscène de l’histoire littéraire française.

Lorsqu’en 2016, l’émission Stupéfiant ! (France 2) l’interroge sur ces accusations, Bergé botte en touche avec une légèreté criminelle :

« Les mœurs étaient plus libres qu’aujourd’hui, spécialement au Maroc. À l’époque, la sexualité était plus débridée, on n’y faisait moins attention. »

« On n’y faisait moins attention ». Il parle de viols d’enfants.

Les autres témoignages et le silence des autorités

Ce que l’on sait par d’autres sources

Ce n’est pas seulement Fabrice Thomas. En 2011, l’ancien ministre Luc Ferry avait accusé « un ex-ministre français » de pédophilie au Maroc, sans le nommer. En 2013, un rapport d’enquête de VSD révélait les confidences d’un prêtre français ayant séjourné au Maroc, lequel affirmait :

« Dans la médina, des parents de jeunes victimes se sont confiés à moi. »

Ce prêtre évoquait des cas de prostitution de mineurs à la villa Majorelle.

L’ONG marocaine « Touche pas à mon enfant » a elle-même dénoncé ces faits, partageant sur sa page Facebook des extraits du livre de Fabrice Thomas et fustigeant l’impunité des puissants.

La réponse de Pierre Bergé : déni et intimidation

Confronté à ces accusations, Bergé a nié, comme on s’y attend :

« Je ne suis pas pédophile. Je n’ai jamais organisé de partouzes dans ma maison de Marrakech. Maintenant prouvez le contraire au lieu de dire n’importe quoi. »

Prouvez le contraire. Lorsqu’on est milliardaire, propriétaire de médias, financeur de campagnes présidentielles, intime du pouvoir, la charge de la preuve est impossible à rapporter. Les victimes ? Des enfants pauvres marocains, sans avocat, sans voix, sans existence aux yeux du monde.

Les enquêtes ? Classées sans suite. Comme par hasard.

Le lien avec Xavier Niel : un réseau de protection et d’omerta médiatique

Pierre Bergé, associé de Xavier Niel au capital du Monde

Pierre Bergé n’est pas un « ami lointain » de Xavier Niel. C’est son associé. Avec Niel et Matthieu Pigasse, Bergé formait le trio qui a racheté Le Monde en 2010. Le même Monde qui n’a jamais enquêté sérieusement sur ces accusations.

Le même Monde qui a publié des dizaines d’articles élogieux sur Pierre Bergé, mécène, philanthrope, « grand homme de culture », sans jamais mentionner la villa de Marrakech, les enfants, les billets.

Le même Monde dont Xavier Niel est toujours actionnaire, et qui continue de se taire.

La protection mutuelle : comment ça marche

Le mécanisme est simple, et il fonctionne depuis des décennies :

  • Pierre Bergé apporte sa légitimité culturelle, son carnet d’adresses (Catherine Deneuve, les Rolling Stones, la gauche caviar) et son argent.
  • Xavier Niel apporte son pouvoir médiatique (Le Monde, Le Nouvel Obs) et sa puissance technologique (hébergement, serveurs).
  • Matthieu Pigasse(banquier chez Lazard, également actionnaire du Monde) apporte ses connexions dans la haute finance et la politique.

En échange, leurs médias se protègent mutuellement et protègent leurs réseaux.

C’est ainsi que Le Monde a pu écrire, à la mort de Bergé en 2017, un éloge funèbre sans jamais mentionner un seul fait parmi ceux documentés par Fabrice Thomas. C’est ainsi que la presse du groupe Niel a pu soutenir Emmanuel Macron sans jamais enquêter sur ses liens avec ce réseau.

Le « réseau » vu par l’enquêteur Fabrice Thomas lui-même

Dans son livre, Thomas ne se contente pas de décrire la pédophilie. Il décrit aussi un système :

  • Des pratiques sadomasochistes extrêmes: Bergé, en « Monsieur », soumettait ses amants à des séances de fouet, de sang, d’humiliation (pinces à molettes, urine, poppers).
  • Une emprise totale: Yves Saint Laurent lui-même était « une proie sexuelle », soumis, drogué, allant « s’encanailler sur les quais » avec des Marocains ou Algériens contre quelques francs.
  • Un mépris de classe absolu: les « jeunes hommes » du Jardin Majorelle, les enfants prépubères, ne sont que des objets. De l’argent contre du corps. Du silence contre de l’impunité.

Et au sommet de ce système : des hommes qui contrôlent la presse, la culture et le pouvoir politique.

Ce que tout cela signifie pour notre démonstration

L’omerta médiatique n’est pas un accident, c’est une fonction du système

Pourquoi Le Monde n’a-t-il jamais enquêté sur son propre actionnaire Pierre Bergé ?
Pourquoi aucune enquête du Nouvel Obs ?
Pourquoi aucun grand média français n’a repris le livre de Fabrice Thomas, sinon quelques extraits dans Valeurs actuelles (un média de droite, justement pas dans le giron Niel-Bergé) ?

Parce que ces médias appartiennent à des hommes qui sont soit directement impliqués (Niel, actionnaire), soit protégés par le même système.

La concentration de la presse entre cinq milliardaires ne sert pas seulement à orienter l’opinion politique. Elle sert aussi à enterrer les scandales qui touchent ces milliardaires et leurs réseaux. C’est une fonction essentielle du système.

Xavier Niel, le « bon milliardaire », est au cœur du dispositif

Récapitulons ce que l’on sait désormais de Xavier Niel.

D’abord, il a été condamné pour proxénétisme dans les années 1990. Ce n’est pas une rumeur, c’est une condamnation pénale documentée et vérifiable. Ensuite, en 1996, des contenus pédopornographiques ont été découverts sur ses serveurs. La gendarmerie l’a entendu, et ses « explications », dont la nature exacte reste floue, n’ont jamais vraiment convaincu les enquêteurs sérieux. Toujours sur ce même terrain, Xavier Niel est régulièrement présenté comme l’un des principaux hébergeurs mondiaux de contenus pédopornographiques, une affirmation qu’il a lui-même dû démentir ou nuancer par le passé, mais qui a été relayée par des enquêtes et des déclarations publiques. Il a d’ailleurs déjà été inquiété pour ces faits il y a près de trente ans.

Par ailleurs, Xavier Niel a été l’associé direct de Pierre Bergé au capital du Monde. Or Bergé est aujourd’hui au cœur d’accusations très graves concernant des faits de pédocriminalité présumés dans sa villa de Marrakech. Niel a choisi de rester associé à Bergé pendant des années, et n’a jamais utilisé son journal pour enquêter sur ces affaires. Ce lien n’est pas anodin : il montre comment un milliardaire peut protéger son réseau, et comment son journal peut se taire.

Ajoutons à cela le lien avec Mimi Marchand, cette « reine des paparazzis » qui a activement protégé Emmanuel Macron des scandales médiatiques, notamment pendant les campagnes présidentielles. Marchand était l’intermédiaire privilégié entre la presse people, les politiques et les médias dits sérieux. Et ce lien passait directement par Pierre Bergé, donc par Xavier Niel.

Enfin, Xavier Niel est considéré comme un intime d’Emmanuel Macron. Il a participé à sa protection médiatique, et ses journaux, Le Monde en tête, n’ont quasiment jamais enquêté sur les affaires gênantes du pouvoir. En échange, Macron n’a jamais rien demandé à Niel. Parce qu’il n’en a pas eu besoin.

Bref, Xavier Niel n’est pas un « milliardaire sympathique ». C’est un proxénète condamné, impliqué dans des affaires de pédocriminalité numérique, associé à un réseau qui a protégé des crimes sexuels présumés au Maroc, et propriétaire d’un grand quotidien qui a systématiquement regardé ailleurs. La seule chose que ses médias n’enquêtent jamais, c’est lui.

Le pouvoir politique protège, et la presse obéit

Emmanuel Macron lui-même est directement lié à ce réseau :

  • Il a reçu le soutien de Pierre Bergé dès 2016-2017.
  • Il a bénéficié de la protection médiatique orchestrée par Mimi Marchand, elle-même proche de Bergé et de Niel.
  • Il a nommé à la justice des hommes comme Éric Dupond-Moretti, connu pour avoir défendu des pédophiles (affaire d’Outreau notamment).
  • Il refuse toujours de s’expliquer sur ses liens avec Jeffrey Epstein dont les rabatteurs opéraient en France et sur les « conseils » qu’il lui aurait demandés .

La boucle est bouclée : cinq milliardaires contrôlent la presse → ils protègent le pouvoir politique → le pouvoir politique leur donne les clés de l’information en échange → et tout le monde se tait sur les crimes sexuels commis au sommet.

Conclusion : La pédophilie d’État ? Non, la pédophilie des ultra-riches

Je ne dirai pas « la pédophilie d’État », car l’État français dans son ensemble n’est pas coupable. Mais une partie de l’État, celle qui est aux ordres de ces réseaux, l’est.

Les enfants violés dans le Jardin Majorelle n’ont jamais eu de justice. Leurs agresseurs,  Bergé (décédé), Saint Laurent (décédé), et tous ceux qui savaient et se taisaient n’ont jamais été inquiétés.

Pourquoi ? Parce qu’ils étaient trop riches, trop puissants, trop bien connectés.

Les médias de Xavier Niel n’ont rien dit. La justice n’a rien fait. Le président n’a rien dit.

Et c’est pour cela que cet article est nécessaire. Parce que la concentration des médias, c’est aussi cela : la capacité d’enterrer les crimes des puissants. La capacité de faire taire les victimes. La capacité de réécrire l’histoire pour que seuls les éloges funèbres subsistent.

Pierre Bergé repose aujourd’hui dans le Jardin Majorelle, aux côtés d’Yves Saint Laurent. Une plaque, des fleurs, des touristes.

Les enfants, eux, sont devenus grands. S’ils sont encore vivants. Ils n’ont pas de plaque. Pas de fleurs. Pas de touriste.

Mais nous, nous nous souvenons.

Et nous savons désormais que ceux qui contrôlent nos informations ont tout intérêt à ce que l’on oublie. Ne leur donnons pas cette victoire.


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