Franc-Maçonnerie : de la sagesse millénaire à la pieuvre corrompue

 

L’État-Frère : Comment la Franc-Maçonnerie a construit son empire occulte sur les ruines d’un idéal

Ils étaient les héritiers d’une sagesse millénaire. Dépositaires des mystères hermétiques de l’Égypte ancienne, continuateurs des alchimistes en quête de la pierre philosophale, descendants spirituels des bâtisseurs de cathédrales qui élevaient leurs voûtes vers le ciel, compagnons de route des scientifiques et philosophes de la Renaissance. La Franc-Maçonnerie est née d’une promesse magnifique : celle d’un espace de liberté, de tolérance et d’élévation de l’humanité, loin des dogmes religieux et des carcans aristocratiques.

Regardez-la aujourd’hui. Vous ne trouverez plus qu’un réseau tentaculaire, une pieuvre aux mille tentacules qui étouffe les institutions républicaines. La Franc-Maçonnerie moderne n’est plus une quête spirituelle ou intellectuelle. C’est un État dans l’État, un super-Parti sans étiquette, une machine à pistonner, à verrouiller les leviers du pouvoir et à étouffer les scandales dans l’ombre des loges. De l’utopie à la compromission des officines de pouvoir, l’histoire de cette institution est celle d’une longue, très longue chute dans les abysses de la corruption.

Le Péché des Origines : Quand la Légende écrase la Réalité

Il faut le dire d’emblée : le mythe est plus beau que la réalité. Les francs-maçons aiment se draper dans l’héritage glorieux des bâtisseurs du Moyen Âge, ces guildes de tailleurs de pierre franche qui détenaient les secrets de la géométrie sacrée. En réalité, la filiation est largement fantasmée.

Des cathédrales aux tavernes : la rupture du XVIIe siècle

Au Moyen Âge, les maçons opératifs étaient de simples ouvriers. Leur loge n’était qu’une baraque de chantier, adossée à la cathédrale en construction, où l’on rangeait les outils et où l’on se reposait. On y faisait des plans, on formait les apprentis. Point de mystères ésotériques, point de complots. Les Anciens Devoirs (Old Charges) des XIVe et XVe siècles racontent certes des légendes sur la construction du temple de Salomon, mais ce ne sont que des récits destinés à donner une perspective au travail manuel des maçons.

La véritable naissance de la maçonnerie spéculative, celle que nous connaissons, ne se fait ni dans la pierre, ni dans le secret d’un temple. Elle se fait dans une taverne londonienne, le 24 juin 1717. Quatre loges londoniennes, composées de notables, d’aristocrates désœuvrés et de commerçants aisés, décident de fonder une Grande Loge. Le premier grand maître ? Un obscur libraire. Rien à voir avec les hermétistes égyptiens ou les bâtisseurs de cathédrales. Dès 1723, les Constitutions d’Anderson fixent les règles : on y interdit théoriquement de parler de politique et de religion. Une clause qui restera lettre morte pendant trois siècles.

La trahison des gentlemen masons.

Dès le XVIIe siècle, en Écosse, on avait commencé à admettre dans les loges des gentlemen masons, des notables ou des banquiers, sans aucun lien avec la profession de maçon. Robert Moray, officier de la Couronne écossaise et passionné d’hermétisme, est reçu maçon en 1641. Il sera le premier président de la Royal Society en 1660. Elias Ashmole, érudit féru d’alchimie, est initié en 1646.

Ces gentlemen n’étaient pas des bâtisseurs. Ils étaient des réseaux. La loge n’était pas un atelier de réflexion philosophique, c’était un club de networking pour privilégiés. La belle idée de la transmutation intérieure, celle des alchimistes, a été balayée dès l’origine par des obsessions bien plus terre à terre : l’influence et l’argent.

La Dérive Française : La République sous Influence

Si la France est le laboratoire des dérives maçonniques, ce n’est pas un hasard. Dès la IIIe République, les loges deviennent des officines de pouvoir.

L’affaire des fiches (1904-1905) : quand l’armée était espionnée par les francs-maçons

Le premier grand scandale d’État éclate au début du XXe siècle. Le général André, ministre de la Guerre et franc-maçon du Grand Orient, met en place un système de renseignement clandestin. L’objectif ? Ficher les officiers de l’armée française en fonction de leurs opinions religieuses et politiques. Les loges maçonniques du Grand Orient fournissent au ministre des informations confidentielles sur les généraux et colonels jugés trop catholiques ou trop conservateurs. Les fiches sont remplies par des francs-maçons actifs dans les loges locales, qui espionnent leurs propres collègues et supérieurs.

Résultat : des centaines d’officiers sont écartés des promotions, mutés d’office ou mis à la retraite anticipée, non pas pour incompétence, mais pour leurs opinions religieuses. Quand le scandale éclate en 1904, la Chambre des députés est saisie. Le débat est explosif. Le Grand Orient, pris la main dans le sac, est contraint d’admettre les faits. Mais qui a été puni ? Personne. L’État a couvert l’affaire. La Franc-Maçonnerie venait de démontrer sa première grande victoire : elle était au-dessus des lois.

La loi de 1905 : un cadeau maçonnique ?

Les historiens sérieux s’accordent à dire que la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, si elle est une avancée républicaine, a été largement préparée dans les loges. Émile Combes, président du Conseil et franc-maçon notoire, applique la politique anticléricale avec une rigueur qui doit beaucoup à son appartenance. Le Grand Orient avait fait de la laïcisation de la France un objectif prioritaire. Ce n’est pas un complot, c’est une action politique concertée et assumée.

Mais cette influence politique n’est que le début. Le vrai pouvoir de la Franc-Maçonnerie se révèle dans sa capacité à verrouiller l’État.

La Justice à la solde des loges : l’affaire de Nice (1999-2000)

Pour comprendre à quel point la Franc-Maçonnerie est un État dans l’État, il faut regarder du côté de la justice française. Le scandale éclate à Nice en 1999, et il est d’une gravité inouïe.

Le procureur de Montgolfier brise l’omerta

En octobre 1999, le procureur de la République de Nice, Éric de Montgolfier, fait sensation. Dans une interview au Nouvel Observateur, il dénonce le total mélange des genres entre franc-maçonnerie, politique, économie et justice dans la juridiction niçoise. Il réitère ses accusations dans e Monde : la justice n’est plus rendue de manière indépendante, elle est arrangée dans les loges.

La révélation est accablante : des policiers francs-maçons puisent dans le fichier STIC (Système de traitement des informations constatées), un fichier ultra-sensible contenant les renseignements judiciaires, pour fournir des informations confidentielles à leurs frères. Banquiers, juges, avocats, hommes politiques, tous se transmettent des données qui devraient rester secrètes.

Le juge Renard : un maçon au-dessus des lois

Le doyen des juges d’instruction, le juge Renard, est au cœur du système. Il utilise les réseaux maçonniques pour obtenir des informations, orienter les enquêtes, protéger les frères et nuire aux ennemis. L’affaire Mouillot, maire de Cannes et membre de la GLNF (Grande Loge Nationale Française), révèle l’ampleur du trafic d’influence. Michel Mouillot avait été incarcéré en 1996 pour avoir exigé des pots-de-vin d’un casino de la ville. L’instruction, menée non sans mal, avait montré que le maire n’était pas seul : toute une fraternelle de policiers, de juges et d’élus couvrait ses activités.

Le procureur de Montgolfier tente de faire le ménage. Mais il se heurte à un mur. La Chancellerie, les syndicats de magistrats, la hiérarchie judiciaire, tous protègent le système. En 2003, un rapport de l’Inspection générale des services judiciaires est sévère, non seulement sur le fonctionnement de la justice à Nice, mais aussi sur Montgolfier lui-même. Il est recommandé de le muter. Il refuse. Il sera inculpé plus tard pour atteinte à la liberté individuelle, une procédure qui sent le règlement de comptes.

Le juge Renard, quant à lui, ne sera révoqué qu’en 2008. Il aura fallu près d’une décennie pour que la justice reconnaisse ce que tout le monde savait : un juge franc-maçon avait trahi son serment au profit de sa loge.

La France contemporaine : un système verrouillé

En France, le système est opaque. Sophie Coignard, grand reporter au Point, l’a magistralement démontré dans son livre « Un État dans l’État » (Points, 2010).

Des réseaux tentaculaires, les francs-maçons sont partout :

– Dans les ministères : 30 à 40 % des hauts fonctionnaires seraient francs-maçons.

– Dans les cabinets ministériels: les directeurs de cabinet, les conseillers techniques, les chefs de service, beaucoup portent le tablier.

– Dans les médias: plusieurs directeurs de rédaction, éditorialistes et journalistes influents sont initiés.

– Dans les grandes entreprises: les PDG du CAC 40 se retrouvent dans les loges pour réfléchir et accessoirement pour s’échanger des marchés.

L’affaire Lewandowski (2023) : un exemple récent

L’afflaire Cédric Lewandowski, ancien directeur de cabinet de Jean-Yves Le Drian (lui-même franc-maçon notoire), a défrayé la chronique. Lewandowski, pressenti pour prendre la tête de la DGSE, a été accusé par ses anciens frères d’avoir abusé de ses réseaux maçonniques pour obtenir des promotions et des avantages indus.

Ce n’est qu’un exemple parmi des dizaines. Le système fonctionne comme une pompe : pour monter, il faut connaître. Et pour connaître, il faut être du réseau. La compétence ? Une option, pas une obligation.

Macron et la Franc-Maçonnerie : un déni de transparence

Emmanuel Macron, bien qu’il ne soit pas lui-même franc-maçon (dit-il), a été élu avec le soutien actif de plusieurs figures maçonniques : Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian, Richard Ferrand… Tous affichent ouvertement leur appartenance. Mais quand on leur demande le détail de leurs réseaux, la réponse est toujours la même : le secret maçonnique.

Pourtant, la question est légitime : dans une démocratie, peut-on accepter qu’une société secrète, qui prête serment sur des rituels obscurs et qui interdit à ses membres de révéler ce qui s’y dit, contrôle autant de leviers de l’État ? La réponse est non.

Le Secret : une arme contre la démocratie

Le secret maçonnique n’est pas un mystère initiatique. C’est un passe-droit. C’est l’omerta qui permet tout : l’arrangement, la corruption, la protection mutuelle.

L’hypocrisie du secret absolu

Les francs-maçons justifient le secret par la nécessité de se protéger des persécutions. Mais les persécutions, c’était au XIXe siècle. Depuis 1905, la République garantit la liberté d’association. Pourquoi continuer à se cacher ? La réponse est cynique : on se cache parce que la force de la Maçonnerie réside dans l’influence occulte. Un maçon qui avoue son appartenance perd sa capacité à favoriser un frère sans éveiller les soupçons.

Les tentatives de transparence : des leurres

La GLNF (Grande Loge Nationale Française) a lancé en 2000 une opération mains propres après le scandale de Nice. Résultat : 350 membres exclus sur les 31 500 revendiqués. Une goutte d’eau. Le système a continué comme avant.

Le Grand Orient de France, plus proche du pouvoir socialiste, n’a jamais rien fait de sérieux pour nettoyer ses écuries. Pourquoi ? Parce que les écuries sont leur fonds de commerce.

La Théorie du Complot ? Non, des Faits

On objectera que tout cela relève de la théorie du complot. C’est faux. Les faits sont documentés, judiciairement établis, historiquement prouvés.

La théorie du complot maçonnique a été utilisée comme arme contre l’extrême droite et l’Église catholique accusé de diaboliser la Maçonnerie. La Maçonnerie n’est pas innocente. la Maçonnerie a bien infiltré l’État et toutes les sphères décisionnaires.

Conclusion : La Trahison des Clercs

La Franc-Maçonnerie était porteuse d’une promesse magnifique : celle d’un espace de liberté, de tolérance et d’amélioration de l’humanité, loin des carcans religieux et des castes aristocratiques. Cette promesse a été assassinée.

Elle a été assassinée par l’appât du gain, par la soif de pouvoir et par cette détestable habitude française de confondre copinage et fraternité. Les alchimistes cherchaient à transmuter le plomb en or. Les francs-maçons d’aujourd’hui ont réussi la transmutation inverse : ils ont transformé l’idéal humaniste en un réseau d’influence aussi puissant qu’opaque.

Tant que les frères continueront à mentir sur leur appartenance tout en utilisant leur réseau pour écraser les autres, ils ne mériteront pas le titre de philosophes. Ils ne sont que des gestionnaires d’intérêts. Un État dans l’État, justement.

Un État qu’il serait urgent de dissoudre.

Ou, à tout le moins, de contraindre à la transparence. La publication des noms des membres, l’ouverture des loges au public, l’interdiction pour les hauts fonctionnaires et les magistrats d’appartenir à des sociétés secrètes, voilà ce que la démocratie exige.

Car tant que la Franc-Maçonnerie restera un État dans l’État, la République ne sera pas pleinement souveraine. Elle ne sera que la servante d’un pouvoir occulte dont les membres, discrets mais influents, cultivent le secret… et le mépris des lois.

Réveillez-vous, citoyens. L’ennemi n’est pas à l’extérieur. Il est dans les loges, à deux pas de vos institutions, et il porte le tablier des bâtisseurs en ayant oublié ce que construire veut dire.

 


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