Dissuasion nucléaire et siège à l’ONU : 2026 sonne l’heure de la trahison annoncée

Le 15 janvier dernier, depuis la base aérienne 125 d’Istres, Emmanuel Macron a prononcé un discours qui restera comme l’un des plus trompeurs de l’histoire de la Ve République.

Sous couvert d’annoncer un réarmement de la France et un doublement du budget de nos forces, il a en réalité préparé méthodiquement le terrain à ce qui s’annonce comme la plus grande braderie de notre souveraineté depuis 1940.

Quatre jours plus tard, le 19 février, à la Conférence de Munich, le chancelier allemand Friedrich Merz a confirmé ce que beaucoup redoutaient : des « discussions confidentielles » sont en cours avec Paris au sujet de la dissuasion nucléaire française, impliquant également la Pologne et la Suède. Et le 2 mars prochain, depuis l’Île Longue (base de la force océanique stratégique), le président doit préciser sa pensée.

Il est temps d’assembler les pièces du puzzle. Le projet est clair : diluer notre force de frappe dans une prétendue « dissuasion européenne », puis céder notre siège au Conseil de sécurité de l’ONU. Une double trahison, une catastrophe nationale, un suicide stratégique.

Le partage de la dissuasion : les discussions confidentielles révèlent l’ampleur du désastre

Le mensonge d’Istres : un réarmement pour mieux désarmer

Le discours du 15 janvier 2026 était un chef-d’œuvre de communication. En annonçant des milliards supplémentaires, en parlant de défense souveraine, en multipliant les références au général de Gaulle, Emmanuel Macron a donné le change. Mais regardons les choses en face : à quoi servirait de doubler le budget de notre dissuasion si la décision de son emploi n’est plus exclusivement française ?

Le rapport publié à l’occasion de la Conférence de Munich par un groupe d’experts à forte influence germanique est, à cet égard, d’une clarté terrifiante. Cinq options y sont envisagées pour l’avenir de la dissuasion en Europe, dont l’une, l’option C, propose explicitement de développer une dissuasion nucléaire européenne commune. Et quand le chancelier allemand parle de discussions confidentielles, quand il évoque les contributions que Berlin, Varsovie ou Stockholm pourraient apporter, une seule réalité se dessine : l’argent allemand contre notre souveraineté.

Comme le souligne Emmanuelle Maitre, experte à la Fondation pour la recherche stratégique, ces discussions impliquent déjà plusieurs capitales européennes. Et comme le rappelle le groupe MARS dans une analyse cinglante, le rapport de Munich commet « une erreur qui disqualifie l’ensemble du raisonnement » : il ne différencie pas la doctrine française de la doctrine britannique . En mélangeant tout, on prépare l’alignement par le bas.

La doctrine gaullienne liquidée sans débat

Depuis le général de Gaulle, la dissuasion nucléaire française repose sur un principe intangible : la décision de l’emploi appartient au seul président de la République, pour défendre les intérêts vitaux de la nation. Cette doctrine a un nom : l’indépendance nationale. Elle signifie que nul autre que le chef de l’État français ne peut décider d’engager le feu nucléaire.

Or, qu’entend-on aujourd’hui ? Le ministre des Armées lui-même évoque, en écho aux déclarations de 2025, « une dimension européenne des intérêts vitaux ». François Hollande, pourtant socialiste, avait posé une limite claire : « La force de dissuasion, c’est-à-dire la menace d’utiliser une arme nucléaire, ne se partage pas, ni dans sa composition, ni dans son financement, ni dans sa décision. Même Emmanuel Macron, dans ses tentatives de justification à Istres, a dû admettre que « le président de la République prend la décision totalement souveraine ». Mais si la décision reste formellement française, sur quels critères sera-t-elle prise ? Qui définira les intérêts vitaux européens ?

Ne nous y trompons pas : ouvrir des discussions confidentielles, c’est déjà céder. C’est accepter que nos partenaires, allemands en tête, aient voix au chapitre sur ce qui relève du plus intime de notre souveraineté. C’est préparer le terrain à une mise sous tutelle implicite. Comme l’a parfaitement résumé Jordan Bardella, « nous sommes totalement opposés à partager le bouton nucléaire, cela relèverait de la trahison nationale ». Marine Le Pen, elle aussi, a rappelé avec force que « la dissuasion nucléaire française doit rester une dissuasion nucléaire française ». On ne doit pas la partager, on doit encore moins la déléguer.

L’imposture de la crédibilité européenne

Les apprentis sorciers qui nous gouvernent tentent de nous faire avaler que cette européanisation renforcerait la crédibilité de la dissuasion. C’est évidemment l’inverse qui est vrai. Que deviendrait la dissuasion française si elle devait intégrer les atermoiements, les divergences d’intérêts et les calculs politiciens de 27 États ? Comme le soulignait déjà un expert de la Fondation pour la recherche stratégique, « s’il fallait que 27 chefs d’État se mettent d’accord à Bruxelles avant une riposte, ce ne serait pas sérieux ».

Notre force de frappe tire précisément sa crédibilité de son unicité de décision. Un ennemi potentiel sait qu’il n’a qu’un seul interlocuteur, qu’une seule volonté à affronter. Si demain, un agresseur sait que la décision d’une frappe française devra passer par des consultations européennes, des marchandages, des compromis, alors la dissuasion perd toute sa puissance. Elle devient une arme politique, pas un outil stratégique.

D’ailleurs, le rapport de Munich lui-même, dans une contradiction qui en dit long, reconnaît qu’une dissuasion nucléaire européenne commune n’est pas politiquement crédible. Pourquoi ? Parce qu’on ne dissuade pas à 27, par comités et sous-commissions. On dissuade seul, ou on ne dissuade pas.

Le piège du financement allemand

Il est un aspect que personne n’évoque officiellement, mais que les discussions confidentielles rendent inévitable : l’argent. Nos partenaires allemands, qui réclament une extension du parapluie nucléaire français, accepteront-ils de contribuer financièrement à l’entretien et à la modernisation de notre force de frappe ? Et s’ils contribuent, ne revendiqueront-ils pas leur part dans les décisions ?

C’est le mécanisme classique de la perte de souveraineté : d’abord la consultation, puis la discussion, puis la codécision, enfin le transfert. « Qui paie commande », dit l’adage. Si demain l’Allemagne met la main à la poche pour financer nos sous-marins ou nos missiles, combien de temps pourrons-nous lui refuser un droit de regard sur leur emploi ?

François Hollande, malgré les ambiguïtés de ses positions, avait au moins le mérite de la clarté sur ce point : la dissuasion ne se partage pas. Cette ligne rouge, Emmanuel Macron s’apprête à la franchir. Les annonces d’Istres sur le doublement du budget ne sont qu’un écran de fumée pour masquer cette réalité : on augmente les moyens pour mieux les mettre en commun.

Le siège au Conseil de sécurité : l’autre braderie en préparation

Une rumeur qui devient programme

En septembre 2021, le Daily Telegraph révélait que la France envisageait de mettre son siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU à la disposition de l’Union européenne. L’Élysée avait démenti, comme il se doit. Mais dans la foulée, Roland Lescure, président de la commission des affaires économiques et porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée, proposait dans Le Figaro que « la France partage son siège au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) avec les autres nations européennes » au-delà de 2030.

Quatre ans plus tard, en 2026, alors que les discussions confidentielles sur le nucléaire s’intensifient, cette idée refait surface dans les cercles bruxellois. La logique est implacable : si la France n’est plus vraiment souveraine sur sa défense, pourquoi le serait-elle sur sa diplomatie ? Et si l’Europe doit devenir une puissance nucléaire, ne doit-elle pas siéger comme telle à l’ONU ?

Même Jean-Luc Mélenchon, pourtant peu suspect de nationalisme, avait dénoncé cette perspective : « L’idée d’un partage du siège de la France au Conseil de sécurité de l’ONU est dangereuse. Sa politique internationale s’élabore dans ses institutions souveraines. Il ne peut y avoir de partage de ces moyens avec des États dont on ne partage pas les frontières, les intérêts, les objectifs, les alliés ou les ennemis ».

La France rayée de la carte diplomatique

Que gagnerait la France à cette opération ? Rien. Que perdrait-elle ? Tout. Un siège permanent au Conseil de sécurité, avec droit de veto, est l’un des derniers privilèges de puissance qui nous distingue encore. Il nous place sur un pied d’égalité avec les États-Unis, la Russie, la Chine et le Royaume-Uni. Il nous permet de peser sur toutes les grandes crises internationales. Il est l’incarnation diplomatique de notre rang.

Le remplacer par un siège européen, c’est accepter que notre voix ne soit plus qu’une voix parmi d’autres dans la cacophonie bruxelloise. C’est renoncer à notre capacité d’initiative autonome. C’est, comme le soulignait l’ambassadeur François Delattre, « l’exemple type de la fausse bonne idée ». Les Européens disposent actuellement de plusieurs sièges au Conseil (permanents et élus). Les réduire à un seul siège, c’est diminuer mécaniquement le poids de l’Europe, pas l’augmenter.

Et que dire de l’aspect juridique ? La Charte des Nations unies ne reconnaît que les États comme membres de l’organisation. Une représentation de l’UE nécessiterait une révision fondamentale du droit international, avec toutes les incertitudes que cela comporte. En attendant, qui représenterait ce siège ? Un commissaire européen nommé par la Commission ? Un diplomate sans légitimité politique directe ?

La logique du « donnant-donnant » qui tourne à la braderie

Le plus consternant dans cette affaire, c’est le marchandage implicite qui semble à l’œuvre : notre siège à l’ONU contre le soutien des Européens à notre projet d’armée commune. Comme si notre présence au Conseil de sécurité était une monnaie d’échange, un actif à négocier, et non le bien le plus précieux de notre patrimoine diplomatique.

Ce marchandage révèle une vision tragique de la France : celle d’un pays qui n’a plus confiance en lui-même, qui cherche à se fondre dans des ensembles plus vastes parce qu’il ne croit plus en sa propre étoile. C’est exactement l’inverse de ce qu’ont fait nos voisins britanniques, qui, après le Brexit, ont réaffirmé avec force leur attachement à leur siège et à leur indépendance stratégique.

La double abdication : quand la souveraineté française devient variable d’ajustement

Le consensus gaullo-mitterrandien définitivement brisé

Depuis les débuts de la Ve République, un consensus national s’était établi sur l’indépendance stratégique de la France. De Gaulle l’avait pensée, Mitterrand l’avait consolidée, Chirac et Sarkozy l’avaient préservée. Ce consensus, des analyses l’ont appelé le « consensus gaullo-mitterrandien ». Il reposait sur une idée simple : la France doit être maîtresse de son destin, y compris et surtout dans le domaine nucléaire.

Emmanuel Macron est en train de briser ce consensus, sans débat, sans consultation du Parlement, sans référendum. Par simples déclarations lâchées dans des discours, par discussions confidentielles menées en catimini avec nos partenaires, il engage l’avenir stratégique de la nation pour les décennies à venir.

Ce passage en force est d’autant plus scandaleux que le sujet est d’une gravité absolue. Nous ne parlons pas d’une réforme des retraites ou d’une modification du code du travail. Nous parlons du fondement même de notre sécurité nationale, de l’ultime garantie de notre survie en cas de menace existentielle. Un tel sujet mériterait un débat national, une consultation des forces politiques, une explication claire aux Français. Au lieu de cela, nous avons droit à des annonces sibyllines, des démentis partiels, et une communication savamment brouillée pour ne pas effrayer l’opinion.

Le discours du 2 mars prochain à l’Île Longue sera présenté comme une simple actualisation de notre doctrine. En réalité, il pourrait bien être l’acte de décès de notre indépendance stratégique.

Les leçons de l’histoire définitivement oubliées

Il est frappant de voir avec quelle légèreté nos dirigeants traitent l’héritage de ceux qui ont construit notre dissuasion. Soixante ans d’efforts, des milliards d’euros investis, des générations d’ingénieurs et de militaires formés pour garantir cette autonomie stratégique. Tout cela serait-il sacrifiable sur l’autel d’une « Europe puissance » dont personne ne sait exactement ce qu’elle recouvre ?

L’histoire devrait pourtant nous rendre prudents. En 1954, la France a vu la Communauté européenne de défense (CED) mourir sous les coups de l’Assemblée nationale, justement parce qu’elle impliquait un abandon de souveraineté militaire inacceptable. Aujourd’hui, on nous ressert le même plat, réchauffé et présenté sous un emballage plus attrayant. Mais la substance est la même : il s’agit toujours de faire accepter aux Français que leur sécurité dépende désormais de décisions collectives où leur voix ne pèsera guère plus que celle de Malte ou du Luxembourg.

Conclusion : le 2 mars, jour de vérité ou jour de trahison ?

Le 2 mars 2026, depuis l’Île Longue, Emmanuel Macron parlera.

Il présentera sans doute son projet comme une modernisation, une adaptation, une nécessité européenne. Il nous dira que la France reste souveraine, que la décision finale lui appartient toujours. Il nous vendra du vent.

Mais nous ne sommes pas dupes. Nous savons que des discussions confidentielles sont en cours avec l’Allemagne, la Pologne, la Suède. Nous savons que des rapports d’experts envisagent déjà une dissuasion européenne commune. Nous savons que l’argent allemand cherche à acheter ce que soixante ans d’indépendance nous ont coûté à construire.

Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas un énième débat technocratique entre spécialistes de la défense. C’est un choix de civilisation. C’est le choix entre une France qui reste maîtresse de son destin, capable de dire non, capable d’agir seule quand ses intérêts l’exigent, et une France noyée dans un ensemble supranational, soumise aux intérêts contradictoires de 26 autres États, dépouillée de ses derniers attributs de puissance.

Le partage de la dissuasion nucléaire et l’abandon de notre siège à l’ONU sont les deux faces d’une même médaille : la dilution programmée de la France dans une Europe fédérale. Ce projet, qui n’a jamais été soumis aux Français, qui n’a jamais fait l’objet d’un débat démocratique, est en train d’être imposé par petits bouts, par annonces successives, par discussions confidentielles.

Il est temps de dire stop. Il est temps de rappeler que la dissuasion nucléaire française n’est pas négociable. Il est temps de répéter que notre siège à l’ONU est un bien national inaliénable. Il est temps d’exiger un référendum sur toute modification substantielle de notre doctrine stratégique.

Ceux qui dénoncent cette trahison nationale ne font pas de la politique politicienne. Ils défendent l’intérêt vital de la France. Ils sont dans la lignée de ceux qui, depuis des décennies, ont préservé notre indépendance contre vents et marées.

Emmanuel Macron, avec son européanisme béat et son mépris pour les souverainetés nationales, est en train de commettre une faute historique. Les Français jugeront. Mais quand ils jugeront, il pourrait être trop tard.

La dissuasion, une fois partagée, ne se reconstitue pas. Le siège à l’ONU, une fois cédé, ne se récupère pas.

Il est encore temps de faire reculer ce projet funeste. Il est encore temps d’exiger du président de la République qu’il renonce clairement, publiquement, définitivement, à toute idée de partage de notre souveraineté nucléaire et diplomatique.

Le 2 mars, nous saurons. Le 2 mars, nous jugerons. Et le 2 mars, si la trahison est confirmée, nous nous souviendrons que c’est à l’Île Longue, là où dorment nos sous-marins nucléaires, qu’on aura enterré la France gaullienne.

Français, ne laissons pas brader l’héritage de nos pères. Notre dissuasion est française, notre siège à l’ONU est français, notre souveraineté n’est pas à vendre.


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